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mardi 10 novembre 2009

Poème consensuel

Hélicoptères de combat
Charcutent le ciel à tout va
Le client est toujours roi
On ne changera jamais ça

Des munitions par terre
Jonchent les parvis éphémères
Le client cherche et erre
Enrôlé chez les publicitaires

Une gueule à moitié cassée
Mâchoire au grand jour révélée
Le client pousse son caddie
A la grenade à moitié prix

Des enfants qui crèvent pour rien
Pour des clients, des vauriens,
Avec dans leurs si petites mains
Kalash qui crachent leur venin

10.09.09

mercredi 9 septembre 2009

Médiocrité

Médiocrité
Sinus de frustration encombrés
Colonne vertébrale courbée
A force de se faire écraser
Médiocrité
Des illusions de victoires
Regrets qui s'entassent
Et tous les jours tu perds la face
Médiocrité
Calculs infinis pour le lendemain
N'agit jamais
Préfère contempler son poil dans la main
Médiocrité
Des carences lexicales
Quand les yeux s'abaissent
Laissent place à un vide abyssal
Médiocrité
Vouloir sauter par la fenêtre
Et ne pas être foutu
De courir cent mètres

Médiocrité,
La vie ne t'a pas choisi
Tel que tu es
Mais rien n'est jamais fini
Médiocrité,
Continue d'avancer dans le néant
Comme aveugle devant un trou béant
Attendant son chien absent
Médiocrité
Y'a-t-il une chose que tu aimes
Un espoir sous les chrysanthèmes
Ou ne connais-tu que des problèmes ?
Médiocrité
Pour toi l'avenir sera froid
Car dans tes yeux tout l'est déjà
Et ça ne changera pas
Médiocrité
Je ne veux pas te connaître
N'ai pas que ça à faire
Alors je change d'air.


09.09.09

samedi 5 septembre 2009

Tournis

Arcades carbonées
Tourbillonnant, désinvoltes
Au-dessus de nos têtes
Dansant si calmement
Dans le brouhaha des carburants

Les nuages avancent, impassibles
Au-delà de nos préoccupations
Parfois déversent des pluies acides
Mais nous n'y pouvons rien, non,
Nos souffles futiles se perdent
Dans la masse des espérances

Et moi, pendant ce temps,
Je tourne en rond
Poussière parmi le tourbillon.

Et moi, j'ai le tournis
Entre toutes ces palpitations,
Poussière parmi le tourbillon.

5.09.09

vendredi 4 septembre 2009

Vertige

Je n'ai plus de famille, je n'ai plus d'amis, ou plutôt, regarde-les, qui sont-ils ? Je n'ai plus de famille, ou plutôt non, non, c'est ma famille qui ne m'a plus.
En guise de retour aux sources, je pourrais me jeter du haut d'une falaise pour atterrir, sans bruit, dans l'eau glacée.
Sois fier de tes origines, mon fils, et va. J'ai beau creuser à la pelle, je ne trouve pas de racines. D'ailleurs au-dessus de moi, il n'y a pas d'arbre. Que des oiseaux minables qui tournent et rigolent.

Ma cahutte est vide d'âme, où suis-je ? J'ai perdu mon cerveau dans ce bordel et tâtonne dans le néant. Où est passée ma tête, où est passée ma tête...

Superficiel matérialiste connard arrogant froid distant

Et quoi d'autre ?


Voltige... Vertige...

mardi 1 septembre 2009

Notre peur

Réactionnaire ;
Face à la terreur on erre
Papote et déblatère
Pendant que les grands missionnaires
Du haut de leurs croix Versace
Nous engrainent, pépère,
Nous font avaler des pilules Duce.

Notre peur - je crois qu'elle existe -
Voudrait qu'on vive reclus
Ignorants comme des bêtes, jamais triste,
Bienheureux de tous être tus.

On m'a dit que j'étais con,
Voulu m'apprendre comment
Me défendre contre les rencontres
Que les prêtres me disent suspectes.
Les lieux communs pourrissent ma tête
A priori fusant à l'allure d'un Jet ;
Ces conneries sont des mirages
Qu'on a bourré à coup d'images
Dans mon crâne un peu trop vide.

Notre peur - je crois qu'elle existe -
Voudrait qu'on vive reclus
Ignorants comme des bêtes, jamais triste,
Bienheureux de tous être tus.

Toute forme d'idéal est nocif,
Qu'il soit politique, religieux, humaniste
Même les amoureux sont soumis
Aveugles d'un réel écrit en hiéroglyphes
Par de brillants économistes
Aux liasses tendant vers l'asymptote.
Esclaves de notre inconscience,
Nous prions chez nous contre le danger nu
Résidant en HLM, à deux pas de notre rue.
Et si jamais un bel inconnu nous aborde
Au coin de l'avenue, qu'on lui torde
La parole et lui foute un coup de pied au cul.

Notre peur - je crois qu'elle existe -
Voudrait qu'on vive reclus
Ignorants comme des bêtes, jamais triste,
Bienheureux de tous être tus.

02.09.09

lundi 24 août 2009

La Rumeur - La Meilleure des Polices

"La meilleure des polices c'est tout ce qu'on te prend,
Tout ce qu'on te laisse, tout ce qu'on tue en toi,
Tout ce qu'on te mâche, tout ce qu'on te crache,
Tout ce que tu bectes pour garder le goût
De moisir à crédit dans un putain de trou.

La meilleure des polices, c'est ton taf, ta télé, tes crédits, tes anxiolitiques, neuroleptiques, antidépresseurs, et tout ce que tu prends pour pleurer moins fort la nuit.
[...]

C'est la peur de faire un pas, puis deux, puis trois, parce qu'enfant, on t'a dit que t'étais une merde et que t'as fini par le croire.
C'est tout ce qui te fait marcher droit avec ton propre consentement, sans jamais montrer les crocs, quand bien même on te propose de t'enculer.

La meilleure des polices, c'est quand les pauvres savent rester à leur place sans besoin de les matraquer, de leur coudre la mâchoire ou de les mettre au cachot.

La meilleure des polices, c'est ce qu'on apprend de mieux, du berceau au tombeau..."


La Rumeur - 2007

dimanche 23 août 2009

Les insomniaques (troisème jet)

Les insomniaques sont de toutes religions
De tous pays, de toutes factions
Ils parcourent les nuits de leurs souffles
Contemplant la vie dans le sombre

Les insomniaques n'ont ni vices ni ambitions
Juste le rêve d'un jour étiré à l'infini
Pour que les possibles s'oublient
Dans les nuages de leurs actions


Dormir
Jamais
Dormir
Jamais


Les insomniaques sont maniaques
Restent des heures sous un casque
En cherchant les bonnes graines
Les vibrations qui les entraînent

Les insomniaques n'ont que faire
De la vie médiatico-politique
Ils respirent les airs libérés de sphères
Propices à la création artistique


Dormir
Jamais
Dormir
Jamais

Les insomniaques se shootent
Aux arômes du Guatemala, goûtent
Et testent les cafés du monde ;
Ont mal à la tête dans ce noir ambré

Les insomniaques dessinent
Des lignes aériennes
Des signes, des emblèmes
Aiment un peu trop les malignes

Les insomniaques
Ne sont pas comme toi
Les insomniaques
Réfléchissent

---
"Putain... Que la nuit est longue.
- Et que le jour est court !
- Laisse-moi rire ! Le jour, tu ne fais que courir.
- Et toi, que fais-tu la nuit ?
- Je longe les murs de ma ville... Pour trouver... Trouver un interstice... Un recoin agréable par où m'enfuir...
- Cela ne durera pas longtemps, tu t'en iras un jour. Mais pour l'instant, pourquoi s'enfuir d'un endroit où l'on est obligé de vivre ?
- On ne vit pas la nuit. On s'ennuie. On boit du vin. On caresse l'allégresse puis la laisse retomber, comme une pauvre conne. On ne vit pas la nuit. La nuit n'est pas faite pour vivre. Elle est aussi hostile que mon regard dans le miroir. On ne vit pas la nuit. La nuit est faite pour les illuminés sous les lampadaires. On ne vit pas la nuit. La nuit est meurtrière."

---

Les insomniaques fument
Et ne savent pas pourquoi
Laissent des traces de cendres
Sur leurs propres émois

Les insomniaques n'ont que ça à faire
Ils passent, parmi les écrans de fumée
Et repassent leur chemises, pour hier.
Car leur avenir n'est qu'un souvenir délétère

Les insomniaques n'ont que ça à faire
Passent leur temps à trop penser
Et trop penser les tue à petit feu
Dont les étincelles ne sont que des essais

Dormir ?
Jamais
Dormir ?
Jamais

Les insomniaques sont des bêtes à calculer
Le trajet des étoiles, des comètes
Insaisissables
Ne peuvent rien y comprendre

Les insomniaques sont ici et là
A essayer de comprendre où est leur âme
A essayer, toujours essayer, toujours échouer
Et toujours à, et toujours à... Douter.

Car oui ! Les insomniaques doutent
Doutent, et n'ont que des questions à se poser
Des énigmes à résoudre, sans la solution
A la fin du journal
A la fin du journal
A la fin du journal
A la fin du
Temps fatal.

Les insomniaques
Dormir
Jamais
Dormir
Jamais

S'endormir sans toi
Jamais
Ne plus penser à toi
Jamais


24.08.09

samedi 15 août 2009

Et alors ?

On s'en fout
D'être coincés entre quatre murs
J'ai passé ma vie, dit-on
Entre différentes inspirations
J'ai grandi au milieu d'idées
Contradictoires,
Ecoutant des révoltés
Très tard le soir
Des conventionnels
Au lever du soleil

Et alors ?

Je suis
Comme tu étais
Il fût un temps
Ne m'aimes-tu pas
De cette façon-là ?
Tu as cru pouvoir
Me comprendre,
Me saisir,
Tu as cru pouvoir
Me rendre
Aux autorités
Sans payer l'amende...

Et alors ?

Qu'en ai-je à faire,
Sérieusement ?

"Je bois, je fume",
C'est à peine
Si mes poumons s'en plaignent
Toi, je te veux
Dans mon lit
Et puis partie
Vers d'autres horizons
Des lieux lointains
Où d'autres t'auront
Déjà plû ; des voisins,
Sans doute,
J'en ai rien à foutre.

Et alors ?
Et alors ?

Qu'en ai-je à faire,
De tes superstitions,
De tes préoccupations
Concernant notre 'couple'
Incertain ?
Je ne veux que de la surprise,
Des nouveautés en cascade,
Des illusions, désillusions
Pour mieux me
Fendre la gueule
A coup de
Cocasseries veules

A coup de
Cocasseries veules

17/08/2009

vendredi 14 août 2009

Il marchait.

Il marchait
Admirait leurs mouvements
Leurs courses effrénées
Vers l'insolence

Il marchait
La tête en l'air,
Fièrement posée sur
Ses épaules de velours

Il marchait,
Et ne savait où aller
Ne savait que faire
Et qui regarder

Il marchait,
Les étoiles filant
Devant ses yeux ambrés
Perdus au loin

Il marchait
Vers le néant
Allait peut-être y tomber
N'était pas au courant

Il marchait
Et détestait son allure
Crachait sur ses mouvements
Mais ne pouvait arrêter ses pas

Il marchait
Sans cesse
Sans cesse
Sans cesse

Il marchait
Et espérait un jour
Pouvoir courir
Et s'arrêter.

jeudi 6 août 2009

Au croisement des amertumes

Derrière les ombres se cachent des passants ; impatient de trouver mon lit, je me fonds dans les creux pourris de cette ruelle putride et vide, la peur comme seul moteur pour en finir avec ce long trottoir.

Là, au détour d'un lampadaire, claudiquant dans le béton, une masse s'agite sous un voile épais.

Les premières notes de Belsunce Breakdown martèlent mes tympans à toute allure, tandis que l'homme sort la tête de sa couverture puante. Je jette un coup d'oeil à sa figure ; on ne peut que jeter des choses aux clochards.

Sa gueule est tiraillée, tailladée, hideuse, et sa barbe inégale, poisseuse. Comment le regarder ? Comme s'il était encore homme ?


---


Tu m'as piétiné.
Tu m'as humilié.
J'ai essayé
De te rendre la pareille,
La monnaie de ta pièce.

Quelqu'un a oublié de te dire
Que je n'oublie rien ;
Dans les moindres recoins
Je cache mes souvenirs fossiles,
Je peux en un rien
Les dépoussiérer.

Tu m'as piétiné,
Tu m'as humilié.


---


Impossible d'oublier.

lundi 3 août 2009

La Chanson du Mort-Vivant (Casey)

« J’ai du mal à aimer, à trouver mes mots
Et le sommeil sans prendre de comprimés
Je suis inanimé, énormément abîmé
Probablement mort-né et déjà embaumé
Je n’ai le goût de rien, mais je sais le mimer
Et mon entrain n’est qu’un écran de fumée
J’ai toujours su très bien jouer à l’humain
Manier les banalités et les lieux communs

Mon prénom a été gommé du roman
J’ignore tout simplement où, quand et comment
Et pourquoi je me suis sur moi-même renfermé
Endormi apparemment pour un moment

Je ne suis ni exigeant, ni borné
Ni sournois, ni attachant, ni acharné
Ni content, ni méchant, ni charmant
Seulement peu concerné et désincarné
Comme à pas grand chose d’être interné
Ou l’invité d’honneur de mon propre enterrement
Détourné du monde, seul et épargné
Par ces petits bonheurs ou ces grands tourments
J’ai beau prendre le problème et le retourner
J’ai effectué un très gros travail sur moi
J’ai occupé la longueur de mes journées
Je ne ressens ni l’envie, ni l’émoi
Ni la peur, ni l’ennui, ni l’effroi
Ni la lenteur des heures, ni le compteur des mois
Pas une seule fois le poids des années
Même une bonne déprime m’aurait bien dépanné

Mais il n’y a que mon crane noyé dans le néant
Et mon corps broyé par un trou béant
Alors dites-moi comment être foudroyé
Sortir souriant, hilare et puis débraillé
Bâtir un foyer, y être choyé
Pouvoir bavarder sans bafouiller
Etre le bon voisin ou le bon employé
Le bon mari, le bon ami à côtoyer
Ou ébloui par la nuit et ses néons
Le vent, la pluie, le soleil et ses rayons
Et j’ai essayé de crier mon tourbillon
Mais ma voix n’a pas pu ôter son bâillon

J’ai un bataillon d’histoires à vous détailler
De petits soirs sans festins ni cotillons
De gosses que je ne verrai jamais brailler
En se réclamant être de mon sillon
Donc si vous me voyez qui que vous soyez
Pitié, ne tentez pas de me réveiller
D’être bienveillant, de vous apitoyer
Car les morts-vivants ne savent pas s’émerveiller.
»


Casey

samedi 11 juillet 2009

Brèche temporelle

Je cherche un refuge,
Un endroit tranquille et calme
Où il n'y aurait pas d'aiguilles
Qui tournent dans les veines.
Un endroit si paisible
Qu'elles s'arrêteraient
Sur le point Minuit
Pour à jamais guérir nos vies.

Je cherche un refuge caché,
Un lieu sans mystères
Dans lequel le tourbillon des idées
Aurait stoppé sa danse éphémère ;
Un lieu accueillant,
Au milieu des herbes folles
A mille lieues des instantanés.

-
L'horloge ralentit,
Petit
à
petit.
Mes paupières se joignent,
Mon esprit s'enferme
Mes sens s'éveillent
Puis s'évanouissent.
-

L'horloge
Reprend
Sa cadence
Infernale.

La race humaine compte avec minutie
Chaque seconde de sa folie.
On se débat, on se débat,
On débat et puis ?
Rien n'arrive.
Nous avons dans les mains du sable
Qu'il faut à tout prix retenir
Le plus longtemps possible.

Au croisement des heures acides,
Des reflets se croisent
Et se superposent,
Visages placides
Plongeant dans la psychose
De leur avenir.
Quel temps est-il
Quand la nuit n'est qu'une pause ?

L'Horloge cesse,
Les droites s'enchevêtrent,
Perdues dans mes cervicales.
Ma rétine balaie les ébats routiniers,
L'air apaisé.
Les faisceaux des nouveaux Soleils
Frappent mon torse éclaté;
Que personne n'abrège mon plaisir éternel
Je m'enfonce dans la brèche temporelle.


Je cherche mon refuge ;
Seul, au pied de l'hystérie,
Je divague. Heureux
De chercher.

11-17.07.09

Lazy

I can see you're young and pretty
I know it would be so easy
Anyway dark lady I feel lazy

Those afternoons are confused
I don't think that you really choose
There's even one more reason to feel lazy

While you go away
While you go away
While you go away
While you go away

I could die but I could lie
I can't deal with what's in your mind
Anyway, I'm tired and I feel lazy

You know we're both lost in a maze
You're miserable, I'm so dazed
Don't you think you should feel

Suddenly lazy
Lazy
Lazy

While you go away
While you go away
While you go away
While you go away

Lazy, la, la, la, lazy
Lazy, la, la, la, lazy
Lazy, la, la, la, lazy

While you go away
While you go away
While you go away


Noir Désir

jeudi 25 juin 2009

Suis-je

Je suis le passant clandestin,
Pantin du béton et des clampins,
L'anonyme au sourire forcé
Qui passe dans votre vie
Sans broncher, sans cligner,
Sans déranger.

Je suis le bandit invisible
S'infiltrant sous les ponts
Pour y puiser les secrets
De brigands irascibles ;
Argent facile à profusion
Provenant des poches de mes cibles
J'économise quelques rançons.

Je suis l'ami infidèle
N'ayant point d'âme
A laquelle me fier ;
J'essuie les larmes
De ces gentes demoiselles
Avec des maladresses
Et des mouchoirs trempés.

Ma vie est une poupée vaudou
Un bout de tissu qui vaut tout
Et qu'on peut étriper,
Égorger, écorcher, déchirer,
Piquer, défoncer, enfoncer,
Brûler, oublier dans un trou ;
Et personne ne se souvient de nous.

Je suis l'écrivain fantôme,
Traçant des étoiles filantes,
Des ombres et autres psaumes
Pour les pauvres dilettantes.
Pour ça je pose ma plume
Et fume ma prose,
Sniffe ma ligne,
N'ai pas peur de la rime à blanc.

25.06-04.07 .09

lundi 15 juin 2009

Alone

I was drinking my coffee
Alone

I heard a song over the rainbow
So I ran
Alone

Through the countries,
Breathing along the roads,
I am now running
Alone

One step after
Each other
Alone

Sometimes you have to spit
All the anger of your flesh
Look just right in front of you
Run beyond the night
Alone

And cry every night of your life
On the soil
To reach the colours
Touch them on your own
Just to believe
Alone

I never touched the rainbow
It went away before I arrived
And I had spat so much
And I had cried so much
That I died,

Lonely.

15-29.06.09

samedi 6 juin 2009

Ecoeurement

J'ai ma gueule un brin explosée,
Mille fois sur écran exposée,
Un nom étranger juste à côté
Et des informations bien délayées ;
Je n'ai qu'à changer d'identité
Pour que tout à coup on vienne
Savoir ce qui en moi a changé.
La question est vaine, m'effleure la peau
Et les veines puis tombe à l'eau,
Comme ces années passées derrière un hublot
A contempler le halo lunaire essayer
De transpercer les ténèbres.
J'ai beau être en haut de l'échelle
Je ne vois que ma chute à l'horizon
Et pas à pas je subis les séquelles
Car je ne peux descendre ces échelons.
Au fond,
Qui suis-je à part une sous-merde
Achetant du Mango et du surgelé
Pour donner des lingots à des mange-merde ?

...

c'est que moi je suis bac +12
c'est que moi je suis rien + 30
mesdames, messieurs,
Admirez la statue de l'Homme moderne
Qui en douce arpente
Des sillons insaisissables,
Qui se maquille de tous ses apparats,
De toutes ses facéties qui le comblent de haut en bas...
Il a la plume putassière,
Putride comme les lambeaux de sa chair,
Mais c'est l'Epoque qui lui l'ordonne !
Il faut s'exprimer, s'ébattre, s'activer
Sur le plan de table où des comètes
S'étirent sans cesse...

06-22.06.09

vendredi 29 mai 2009

Faux

-- Dictadura democratica --

Idées confondues
Intelligence naïve
Extrême bêtise
Richesse perpétuelle

Face aux idéaux de bonnes consciences

Être un bon vivant
Perdu dans l'infini
Perdu dans la finalité
De sa vie ;
Savoir qu'il ne faut pas
Mais que pour survivre
Il le faux...

Ensemble ensevelis
Ensablés
Endiablés
Nous irons loin
Au bout de notre nez
Et nous consommerons
Si révoltés
Que le monde ne tournera plus rond
Que le monde tournera
A reculons

La poésie s'efface
Au profit du profit
Mon père, j'ai suivi
Tes nobles instructions
Nobles aristocrates
Nous resterons
Face à la peste qui ronge les plaies
Face aux sévices
Face aux conséquences de nos actes,
Nos enfants
Imbus d'eux-mêmes
Cherchant à tâtons
Le sens.
Quel sens nous leur donnons ?


-- Teaching us Happiness --

Charisme idyllique sur les affiches
Jeunes, beaux et riches,
Repus de bonheur on cherche la souffrance
Futile.

Marx
Ta gueule

Contemporains nous contemplons
Les temples de cons
(à la télévision)
0.6.
Le monde au bout du fil,
Le faux-monde.

Le vrai monde ?
Celui qui est caché
Mais qui défile
Sous notre nez
L'infrarouge
Le fruit défendu
Secret défense
Qu'on empile sous les volontés
Narcissismes exubérants
Que crois-tu qu'on t'apprend,
Enfant ?
A fourrer ton nez là où c'est gênant ?
Le flair des journalistes
Sodomisé
Par la publicité
L'honnêteté chaque jour réformée
Par des putains de PDG
Des putains de politiques
Des catins
Qui donneraient leur âme
Pour un appart à paname
Papa
Je suis ni dupe
Ni con
J'saurai pas être aveuglé
Par le Che
Mais j'fourrai mes narines
Là où en catimini
Des générations de nantis
Drogués à la cocaïne
Roulent dans la farine
Des milliards d'abrutis.
Des générations de nantis
Toujours à l'heure
Nous apprenant le bonheur
En kit jetable prêt-à-employer


26.05.09

vendredi 15 mai 2009

Avenue Dauphine


-

Avenue Dauphine,

60, 58, 56,
54, 52, 52 bis,
Et bis repetita, la routine,
10, 8, 6, ...
La Loire qui pleure des étoiles
La Loire reflétant nos sombres iris
La Loire qui découvre nos voiles
La Loire dans laquelle les chiens pissent,
La Loire bis.

Retour à la terre orléanaise
Terre routière où tout est lisse
Déserte terre de malaise
Entourant le fleuve grabataire.

L'amour est au coin de l'avenue
Telle une ombre se promenant
Parmi les lumières, se faufilant
Entre les silences pourrissants...

Le filament lumineux se brise.
Le mystère se perd dans le vent
Qui arpente les ruelles
De ses paisibles murmures...

18.05.09

vendredi 8 mai 2009

Des intègres

En ébullition la nébuleuse
Elle frôle le cataclysme
Arrache de la terre brûlante
Des galaxies errantes.

J'espère qu'assis sur l'herbe
Nous aurons les amandes dans les étoiles
Les méninges dans les nuages
Et nos racines entremêlées.

Tu viendras,
Tu sauteras
Droit dans mes bras
Pour tomber à deux

Affronter les radiations arides
Combler les trous dans notre chair
Se dresser contre le nucléaire
Se dresser contre le vide.

-
Et puis lentement on se désintègre
. . .
Désintègre...
...
désintègre...
...
désintègre
.
-

On se désintègrera, crois-moi,
T'iras plus devant les trains
Pour demander l'arrêt des déchets ;
Mais les déchets majeurs sont humains :
Ce sont ceux qui ont besoin de l'Arme
Pour se faire respecter
Qui dans les larmes
Emporteront toute l'humanité.
Ce sont des intègres
Qui croient en la paix
Profondément en la paix
Qui ont la bombe, juste au cas où,
Qui testent la bombe dans le désert
Lâchent la bombe dans les océans
Juste au cas où ;
Des intègres
A qui on confie le bouton rouge
A qui on confie notre Terre ;
Des intègres
Qui désintègreront des intégristes
Ces salauds
Qui veulent aussi la bombe.

Et tu en feras partie !
Car d'idéaux tu seras passée
A de si beaux mots cadencés à merveille pour ton cerveau enfariné à l'événementiel ;
Et seule dans ton fauteuil à lire le journal
Tu prendras les activistes, les gens comme toi avant,
Pour des utopistes croyant, et juste croyant
Faire avancer le monde.

En ébullition la nébuleuse
Elle frôle le cataclysme
Arrache de la terre brûlante
Des galaxies errantes.


9.05.09

dimanche 3 mai 2009

Route cyclique

Je tournais en rond sur l'ovale

Alors profond j'ai creusé,

Creusé le dédale de l'Humanité,

Espérant quelque opale.


Je n'ai trouvé en tout

Qu'un puits sans fond ;

Juste trois petits tours

Et puis s'en vont

03.05.09